La Fondation Louis G. Lamothe et ses partenaires posent un geste décisif pour sauver le café haïtien en plantant 3 500 arbres à l’occasion de la Journée de la Terre

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La campagne de reforestation de Panyol a été lancée le jour même de la Journée de la Terre 2016 qui avait pour thème : « Des arbres pour la Terre ».

Environ 500 résidents, parmi lesquels se trouvaient des enseignants, des directeurs d’école, des étudiants, des agriculteurs et des planteurs, se sont réunis à l’entrée de Nan Panyol, sur la route de Furcy, très tôt le matin même de la Journée de la Terre. Les participants de la région rurale de Souiçailles s’étaient en effet engagés à planter 3 500 arbres à l’occasion de cette célébration annuelle. La plantation des caféiers demeurant la priorité, 1000 néfliers et autant de Sisals ont été aussi été plantés.

Instituée par le Sénateur Américain Gaylord Anton Nelson le 22 avril 1970, la Journée Internationale de la Terre est célébrée chaque année dans 184 pays. Le thème retenu de la journée de la Terre pour 2016 était « Des arbres pour la Terre ». Les organisateurs de la campagne de Reforestation de Panyol ont choisi cette date pour lancer leur opération de sauvetage du café haïtien.

Il existe un lien vital entre les arbres en général et le café en particulier : le café haïtien se cultive naturellement à l’ombre des forêts. Cueilli à la main, il constitue une source de revenu essentielle pour nombre d’Haïtiennes et d’Haïtiens. Le climat caribéen d’Haïti, l’altitude de la région montagneuse où se cultive le café ainsi que l’ombre fournie par les arbres indigènes, toutes ces conditions offrent un milieu approprié pour ce café en particulier. Le réputé café bleu haïtien est en fait un café caribéen typique, doux, chocolaté avec une pointe d’agrumes.

Autrefois, Haïti produisait la moitié du café vendu dans le monde. De nos jours, c’est à peine si ce café figure encore dans les statistiques mondiales. La production caféière haïtienne a connu une baisse en raison de la situation politique, des embargos commerciaux, de la déforestation, de l’essor des puissances caféières telles que le Brésil et l’Indonésie, des maladies, de l’absence de méthodes agricoles modernes, et du changement climatique. Les planteurs haïtiens tentent pour le moment de cultiver les nouveaux cépages colombiens, plus résistants à la chaleur. Mais il leur faudra encore patienter quelques années pour savoir si leurs efforts auront porté leurs fruits. L’irrigation, la rotation des cultures et les techniques de gestion de l’ombre dans les régions haïtiennes hautement déboisées pourraient aider à parer tout nouveau changement défavorable.

À titre comparatif, Haïti et le Rwanda produisent actuellement à peu près le même volume de grains par an. Toutefois, le Rwanda a exporté environ 20% de son café ces dernières années, sous forme de grains lavés pour les marchés d’épicerie fine, soit une hausse de 1% par rapport à 2002. Haïti vend 90% de sa production de café, sous forme de grains bon marché traités à sec, uniquement sur le territoire de l’Île d’Hispaniola. En 2010, le Rwanda exportait donc son café pour une valeur de 55 millions US, alors que la valeur exportée par Haïti se limitait à 1.5 million US.

Consciente des périls qui menacent le café haïtien, la Fondation Dr. Louis G. Lamothe a lancé la campagne « Sauver le café d’Haïti » visant à sensibiliser la population haïtienne et à l’engager dans des efforts pour sauver cette production nationale. La menace de perdre le café cultivé localement touche l’ensemble de la nation haïtienne, y compris le gouvernement, les parlementaires, les communautés locales, les cultivateurs de café, les agriculteurs de subsistance, et tous les amateurs de café. La campagne « Sauver le café d’Haïti » est en phase avec la mission et la raison d’être de la Fondation.

Les plantations de café doivent être renforcées. C’est dans ce but que la plantation de milliers d’arbres, comprenant également des néfliers et des sisals, a été réalisée lors de la Journée de la Terre, pour revitaliser la terre haïtienne et fournir l’ombre nécessaire à la culture de ces caféiers de grande valeur.

À l’Académie du Café Haïtien, les agriculteurs reçoivent des formations en agronomie du café, pratiques de récolte et techniques de traitement. Cette formation a pour objectif de les aider à augmenter le rendement de leurs plantations de café, leurs volumes de production, leurs niveaux de qualité et, par le fait même, leurs revenus.

Le café haïtien recèle encore un grand potentiel économique et environnemental, à la fois pour le marché local et l’exportation. La plantation de milliers d’arbres, à l’occasion de la Journée de la Terre, représente un investissement durable pour la production future de café en Haïti.

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